Vous aurez sans doute lu l'exact contraire un peu partout ailleurs, mais le système de combat de Final Fantasy XIII est probablement l'un des pires jamais créés. Ce n'est que mon avis mais je le partage, ça ne mange pas de pain.
Pendant longtemps j'ai cru ne pas en comprendre les mécaniques, dépité que j'étais à passer cinq longues minutes pour rosser une simple feuille de houx (Gensô III, on ne t'oublie pas). Et pourtant. Le principe même de la jauge de "choc" à faire lentement monter pour espérer infliger des dégâts significatifs est à mon sens une aberration, un concept qui aurait à la rigueur dû n'être retenu que pour les boss. Mais pour le moindre ennemi, même le plus insignifiant qui soit, est-ce bien raisonnable ?
Rappelons qu'autrefois, dans un RPG, les ennemis lambdas étaient vite expédiés : "Attack" > "Attack" > "Attack" avec une main, une petite tartine de Saint-Moret dans l'autre en bouquinant Télé Z, et hop c'était plié. Une ôde à la flemmardise certes, mais néanmoins récompensée par la performance, la productivité, ce plaisir simple d'aller à l'essentiel. Dans FFXIII, ce sont plutôt de longs sandwichs Subway bien crados que l'on devra se taper, en ayant en plus l'obligation de rester continuellement attentif pour changer ses "stratégies" et espérer rogner quelques picomètres de jauge pour écourter le calvaire. Misère.
Ce système de combat poussif, couplé à la gestion paresseuse de l'arbre de compétences ou à l'absence d'explications sur le système hasardeux de craft (une invitation à peine déguisée à faire raquer du guide book - "Avec PlayOnline on arrête d'éditer des guides papier", merci gros) font de FFXIII un titre pour le moins bancal.
A sa décharge, les présumés défauts du genre "c'est que des couloirs", "les vingt premières heures sont un tutorial géant", "c'est pas un RPG", "les personnages sont niais", ... copiés-collés un peu partout après la sortie nippone du jeu (tips : si vous trouvez comme moi que cet avis arrive avec un an de retard, considérez qu’il s’applique également à la version Xbox 360 japonaise fraîchement sortie), ne m'ont absolument pas dérangé.
Pourtant -et c'est un peu là le miracle Final Fantasy- malgré tous les problèmes évoqués précédemment, difficile pour moi de ne pas reconnaître avoir passé un bon moment. D'une façon générale, la dernière partie de l'aventure est ce qu'elle a de mieux à nous offrir. En particulier tout le début du chapitre 12, avec sa scène cinématique d'introduction complètement folle, suffirait presque à excuser les errances que l'on a dû supporter jusque là. Même chose pour les combats, qui sont paradoxalement presque plus rapides et faciles contre les imposants King Behemoths que contre les péons de début de jeu. Enfin, la magnifique scène finale conclut l'affaire sur une très bonne note. Au point d'en lâcher un "Quand même, c'était pas dégueu..." riche de sens.
Aussi facile à démolir qu'à défendre, aussi souvent pénible que motivant, FFXIII est un hybride, un épisode cocktail empruntant des ingrédients du VIII, X et XII pour un résultat charnière dans l'histoire de la série, et plus globalement dans l'histoire du RPG japonais. Et si l'on ne demande pas à un Dragon Quest, à un Tales of ou à un Pokémon de mettre un bon coup de pied dans la termitière, l'historique des derniers volets nous autorise désormais à demander de l'audace, du chamboulement, à chaque nouveau Final Fantasy. De ce côté là, on ne pourra pas dire que FFXIII n'a pas rempli son contrat.
Peut-être pas à généraliser, mais en tout cas à essayer.
Peut-être pas à généraliser, mais en tout cas à essayer.









