16 décembre 2007

Double Dragon Advance (GBA)

Comme vous le savez sans doute, la GBA c'est comme les courses : c'est ma grande passion. D'ailleurs, si vous croisez un lascar en train d'attendre son avion/bus/train avec une Micro, c'est probablement moi (venez me passer un petit coucou, c'est toujours agréable et ça fait passer le temps dans les halls d'embarquement).
Bref, tout ça pour dire que quand en 2003 on nous annonce la sortie sur cette petite machine d'amour d'une version "Advance" de Double Dragon, à mon sens le plus grand beat'em all de tous temps avec Final Fight, forcément, j'éructe.

Double Dragon, c'est pour beaucoup de gens les plus belles heures des salles d'arcade, le jeu vidéo à son meilleur. J'ai bien dû dépenser un bon million de francs dans cette borne, ce qui pourra sembler étonnant lorsque l'on sait que c'est justement l'un des représentants du genre les moins difficiles... pour peu que l'on utilise le fameux "coup de manchette", la technique la plus culte de l'histoire du jeu de baston aux côtés du Hadoken.

Oui vous aussi vous avez remarqué, je superlativise à fond, et pourtant lorsque l'on scrute la feuille de vol post-1987, on ne peut pas dire que la série ne compte que des chef-d'oeuvres. Depuis l'adaptation de Double Dragon II sur NES, c'est même plutôt le drama. Heureusement les enfants, la GBA est là, et avec elle Double Dragon Advance, le sauveur de la série (je me permets hein).

Déjà, il a la bonne idée d'avoir été développé par Million, qui comprend des anciens de chez Technos et qui ont donc tout compris à ce qu'attendaient les fans. Ensuite, il s'agit grosso-modo d'un remake du premier Double Dragon, dont on a soigneusement refait les sprites principaux et auquel on a rajouté des niveaux, des cut-scenes (moches mais bon), des coups, des ennemis, des armes, ... parfois directement repris d'épisodes ultérieurs, comme par exemple le gros boss masqué de Double Dragon II. Mais à côté de ces ajouts, tout de l'original est bel et bien présent : l'écran-titre, sa musique, les quatre stages d'époque, la manchette, le jeu à deux, Willy et sa mitraillette, les Abobos, etc.. Bon, je vous fait un peu ma liste de courses là, mais le principal est que le panier soit bien rempli, et c'est bien le cas avec cette cartouche qui transpire le travail bien fait par tous les pores tout son port.

Si vous n'avez jamais joué à Double Dragon sur une borne d'arcade d'époque, vous pouvez oublier cette version GBA qui ne vous rappellera rien, si ce n'est peut-être une sombre ligne dans un romset MAME.
Pour les autres, se prendre à nouveau pour Marc Dacascos et filer la raclé à ces pourris qui ne méritent que quelques coups de pelle, c'est simplement fantastique. Surtout dans un hall d'aéroport.

01 décembre 2007

Castlevania - Curse of Darkness (Xbox)

Difficile de parler de Castlevania depuis ce jour sombre où les otakus se sont approprié la saga. Ce qui n'était auparavant qu'une chouette série de jeux d'action s'est transformée en l'espace de quelques années en étendard de la culture japanogoth, avec les sujets de "réflexion" et moments de frisson ©Internet qui vont avec. Tristesse.

Non parce que, perso, je n'attends pas d'un Castlevania une quelconque cohérence scénaristique avec les épisodes précédents ou la présence d'un antihéros dark aux traits efféminés. A dire vrai, je n'en n'ai même rien à foutre. Ce que je veux ce sont des chandeliers géants, des intros dans la langue de Tokio Hotel, bref, du spectacle, de l'ambiance, de l'idée. De l'audace. Et c'est justement ce qui fait défaut depuis dix ans et le fameux Symphony of the Night de la PSOne.

Je n'aurai jamais pensé dire un truc pareil, mais après nous avoir sorti quand même six fois le même jeu, on en vient à ne même plus faire attention aux annonces d'épisodes 2D et à n'uniquement lever les yeux du tas de sable que lorsque l'on nous promet une nouvelle tentative 3D. Car si salut il doit y avoir, c'est probablement de ce côté qu'il se trouve.
Pour rappel, Lament of Innocence était un jeu certes particulièrement basique, mais qui au final ne collait pas trop mal à ce qu'était le Castlevania original : un simple titre d'action SM, avec au passage des thèmes musicaux de qualité. Davantage de phases de plates-formes et une structure moins fragmentée n'aurait pas été du luxe, mais globalement c'était un retour au source "encourageant", comme on dit sur les bulletins de notes.
Curse of Darkness avait la tâche d'améliorer la copie, en évitant si possible de trop pomper sur son voisin.

Bon, faisons court : un Castlevania 3D qui déchire, ce n'est pas encore pour cette fois.
Déjà, le personnage principal est particulièrement lent, ce qui fait un peu tâche pour un jeu censé avoir un minimum de patate. Au début on pense que c'est normal et que l'on va vite récupérer les Speed Shoes ou les Flying Boots, mais les heures passent et toujours rien à l'horizon.
Ensuite, tout le jeu baigne dans une ambiance grisonnante qui est certes une bonne excuse pour mettre du brouillard cache-misère, mais qui ne motive pas des masses à rôder des heures dans le château et ses alentours. Surtout que, et c'est là que le bas blesse vraiment, la structure en couloirs est atrocement répétitive avec ses milliards de pièces qui se ressemblent toutes les unes les autres, sans aucun
coup de fouet créatif (ohoh) pour donner un peu de variété à l'ensemble. Même LoI, pourtant très imparfait, était au dessus.
A côté de ce socle bancal, difficile d'adhérer aux sempiternels gimmicks de gameplay que l'on essaie de nous imposer à chaque nouvel épisode. Ici, un système de familiers à la SotN et la possibilité de forger ses armes : les commerciaux de Konami sont ravis, et c'est dans le fond assez représentatif du problème dans lequel est englué cette série.

En se concentrant sur des préoccupations en toc, un bric à brac scénaristique conçu à posteriori pour satisfaire une audience artificielle, Konami passe à côté de l'essentiel et se désolidarise totalement des arguments qui ont bâti le succès de la série, quitte à la rendre complètement schizo. Au point de ne plus savoir à quoi elle doit ressembler (2D ? 2.5D ? 3D ?) et encore moins comment elle doit s'appeler (Akumajô Dracula ? Castlevania ?). Sans compter cette volonté de pousser coûte que coûte Igarashi en tant que producteur vedette, alors que le lascar ne tente plus rien depuis longtemps.

En l'état, on a l'impression de voir une ancienne copine de classe obligée de se prostituer pour vivre, mais qui n'arrive pourtant toujours pas à boucler ses fins de mois.