14 octobre 2007

Chibi-Robo! (GC)

Nettoyer des traces de merde avec une brosse à dents et jeter les ordures à la poubelle, voilà dans les grandes lignes le programme alléchant proposé par Chibi-Robo!.
Dans la peau boulonnée d’un robot ménager de 10cm, votre job sera en effet d'aider la famille Sanderson à résoudre tous ses tracas, allant de la propreté du domicile aux tensions conjugales du quotidien.

Chose surprenante, le cadre dans lequel prend place l’histoire sonne résolument adulte, avec une famille au bord de l’implosion : petite fille qui se prend pour une grenouille et mari chômeur dépensant les revenus du ménage dans des gadgets geeks, voilà les principales préoccupations d’une maîtresse de maison au bord du nervous breakdown. Des sujets difficiles comme le divorce sont frontalement mis sur la table, ce qui pourra surprendre pour un titre étiqueté Nintendo et PEGI 7.

Lorsque l’on creuse Chibi-Robo!, on se rend compte que le gameplay n’est lui non plus pas vraiment adapté à une audience de jeunots. Même si le terrain de jeu est réduit aux quelques pièces composant la maison des Sanderson, on est vite lâché dans la nature, à bourlinguer entre la cave et la chambre à coucher, libre de faire tout et n’importe quoi, avec une multitude de quêtes que l’on peut boucler dans l’ordre de son choix, sans vraiment distinguer celles qui sont facultatives de celles qui ne le sont pas.
On n’est donc que très rarement pris par la main et, quand cela arrive, les conseils prodigués sont suffisamment à côté de la plaque pour induire en erreur plutôt qu’autre chose. Mieux vaut donc davantage se fier à son instinct et il faut croire que cela marche pas trop mal puisque l’on ne se retrouve jamais bloqué, preuve d'une maîtrise certaine -et ma foi assez épatante- dans la conception du titre.
Bref, on ne joue jamais dans le vent, et chaque essai est récompensé par un item permettant de décoincer une situation, ou par l’un des huit
mille trois cent quatre-vingt sept détails malicieusement placés ici ou là par les équipes de Skip.

Tiens, puisque l’on parle d’eux, comme à leur habitude une attention toute particulière a été portée sur la bande sonore. Malheureusement, le résultat est cette fois en demi-teinte : s’il y a plein d’idées brillantes et subtiles un peu partout, comme l’instrumentation qui change en fonction de la surface sur lequel on gambade ou le tempo qui s’accélère lorsque l’on prend sa prise à son cou, il y a aussi ces bruitages assez insupportables lors des dialogues. Genre bidibidi à la Shining Force, mais en cent fois plus lourdingue, le pompon revenant au chef des tamago-rangers.
Ce qui nous amène à un autre défaut : les dialogues sont de façon générale plutôt plan-plan. Cela n’aurait pas été trop dérangeant s’il avait été possible d’accélérer leur défilement, mais non, on est obligé de subir le rythme imposé et les bruitages qui rendent fou. Dommage.

Pour le reste, c’est véritablement du tout bon ; une aventure joyeusement originale qui tient la distance pendant une vingtaine d'heures (qui aurait parié sur autant ?) et des personnages mignons comme tout qui en font une nouvelle IP first-class toute trouvée pour Nintendo.
Et puis avec son scénario de vrai petit bitnik, Chibi-Robo! rappelle certes le merveilleux Giftpia, mais aussi Endonesia et tous ces jeux woodstockiens dans l’âme qui n’ont pas honte de dire qu’il est bon de vouloir répandre le bonheur autour de soi. Et ça c'est chouette, chibi !