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Oui vous êtes sans doute en face du 4308ème blabla sur No More Heroes depuis la création d’Internet. Enfin si comme moi vous n’en n’avez lu aucun et êtes tombé sur ce jeu un peu par hasard, ça ne devrait pas trop vous chagriner.
Dans la mesure où j’imagine que tout a déjà été dit dans les 4307 topos précédents, je me contenterai d’un rapide avis qui n’engage que moi et qui n’intéressera donc personne, si ce n’est peut être le jeune qui s’apprête à débourser vigoureusement 60 euros dans ce machin.
Difficile de ne pas penser à Rent a Hero (et aux Stranglers) lorsque l’on aborde No More Heroes, les points communs étant nombreux, sans même compter la ressemblance dans le titre. Pourtant, là où RaH était un jeu bricolé avec un amour total pour un résultat merveilleux, NMH hérite lui de toutes les tares apparues durant les 16 années qui séparent les deux titres. C’est pas de sa faute j’ai envie de dire, mais un peu quand même.
En l’occurrence, si vous êtes un lecteur assidu de ces pages vous aurez remarqué que j’avais déjà été en contact avec Suda51 via Contact, avec un succès à peu près comparable à la qualité de ce jeu de mots. Malheureusement, ce n’est pas cette fois encore que je vais comprendre toute la portée artistique du bonhomme puisque No More Heroes fait de nouveau office de grosse tarte à la crème pas toujours très digeste. Certes c’est justement sa raison d’être que de constituer une sorte de All Star Game de la culture otaku, mais le propos est servi avec tellement peu de finesse et de spontanéité que l’on ne peut s’empêcher de s’imaginer les développeurs dans leurs bureaux en train de check-lister méthodiquement, quasi mathématiquement dirais-je même, tous les éléments qui feront tiquer l'internaute idiot habitué aux « OMG » et autres « copié-collé de GAF ».
Bon, c’est pas la catastrophe non plus hein, la preuve je l’ai fini. En fait, ce qu’il faut simplement retenir c’est que les boss sont excellents (surtout le 5ème). La mise en scène est top, certaines répliques bien senties ; dans le ton des meilleures ordures croisées par Solid Snake.
Du coup, même si ce qu’il y a entre chaque boss est plutôt répétitif à pleurer (et ces musiques, à rendre fou tellement elles tournent en boucle...), on a quand même envie d’avancer pour voir à quoi ressemble le prochain. En tout cas personnellement, c’est ce qui m’a motivé. Ça, et collectionner les T-Shirts rigolos bien sûr.
No More Heroes est donc un boss-battle game idéal à se faire prêter, histoire de le finir tranquillos pour pas un rond. Et cabotin comme c’est pas permis, c’est aussi la preuve officielle que Suda51 est bien le Pierre Arditi du jeu vidéo.
Je pense que l’on peut dire sans se tromper qu’au moment de son apparition, en 2000 dans Majora’s Mask, pas plus de quatre personnes au monde auraient misé plus de 10 centimes sur la longévité de Tingle, le petit lutin chelou.
Aujourd’hui, c’est pourtant le héros alternatif absolu pour Nintendo, celui que les fans de bizarrerie et de latex adorent, et que les amateurs de quêtes épiques avec des grosses épées et des cheveux pointus détestent. Au point qu’aux Etats-Unis le jeu à sa gloire, Rupee Land, n’a même pas eu droit à son autorisation de sortie. Heureusement en France on a Jack Lang, qui a personnellement officié pour la distribution de ce titre dans notre territoire. Merci Jack !
Véritable year-zero à la hauteur de son personnage principal, Rupee Land raconte comment Tingle, trentenaire célibataire à l’existence un peu morne, va mettre la main sur sa fameuse combinaison verte et partir à la recherche de Rupee Land, l’Eldorado des fées et des rupees.
Et de poser la grande question : que ferais-tu pour une poignée de rupees, tout en sachant que le fric jadis t'as perdu ?
La structure du jeu reprend dans les grandes lignes celle d’un Action-RPG classique, à la différence près que l’argent y a le premier rôle : la bourse fait aussi office de barre de vie, les énigmes demandent régulièrement de mettre la main au portefeuille, et les nouveaux territoires ne se débloquent que si l’on fait des offrandes suffisantes au lac du village. Pire, les autochtones ne parlent que si on les soudoie ! Et attention, avec eux, « on ne rembourse pas », comme à Montgalet.
Pour composer son pactole, Tingle devra donc aller au combat récupérer les ingrédients qui serviront à concocter des recettes, pour ensuite les revendre aux villageois. Dur dur.
Si les combats sont tristement minimalistes (on fonce dans le tas en tapotant avec le stylet), les passages dans la bourgade, en vue de profil, sont parmi les grandes réussites de cette production. Enfin en tout cas pour moi, puisqu’au-delà de l’ambiance mystérieuse assez géniale qui s’en dégage, ils me rappellent surtout mes meilleurs moments sur Alex Kidd in High Tech World, en particulier le passage final dans le village où il faut ruser comme un ours pour dénicher les ronds et enfin accéder à la salle d’arcade et sa borne Out Run.
A côté de ça, le jeu affiche son lot de défauts, en particulier son level-design sommaire, et une répétitivité qui peut devenir lourdos lorsque l’on est obligé de composer douze-mille recettes à la chaîne pour enfin se payer de quoi entrer dans un donjon. Le système de négociations aurait lui aussi mérité d’être davantage élaboré puisque, sans indice, on est souvent tenté de faire des petites parties pour de faux afin d'identifier les points de rupture et ainsi n'avoir à débourser que le Juste Prix™.
Heureusement, grâce à la désormais fameuse Vanpool-touch (cf. Moon et Endonesia), le tout est une fois de plus habillé avec un goût, si ce n’est très sûr, au moins très personnel. A ce titre, les protagonistes funkys, dialogues rigolos et musiques cosmiques font leur office. Et puis croiser l’ouvrier des Village People, se faire traiter de « sale vieux ringard » en permanence, ou se faire assister par une minette aux gros lolos et en bas résille, ça n’arrive pas tous les jours dans un jeu Nintendo.
Bizarre, tordu et défaillant, mais à ne pas rater donc.