
Dire que j’attendais impatiemment ce Daigassô Dilax est un léger euphémisme vu les bons moments passés avec la première version, qui faisait rappelez-vous partie de la launch-fournée de jeux DS au Japon (2004 déjà, ça ne nous rajeunit pas). Si vous êtes un tant soit peu chauvin, vous l’aurez peut-être même aussi aperçu dans l’épisode 53 de la célèbre série "Les Oubliés de Nintendo France". Le premier contact laisse peu de place au doute puisque l’on retombe illico sur les fameux menus aussi bordéliques que mon placard à balais, et qui profitent toujours d'une Audigier's touch forcément simple et funky. Inutile de dire qu'il n’en faut pas plus pour faire replonger le joueur qui en avait chié des ronds de chapeaux pour boucler le mode "Golden Ticket" de l’épisode précédent.
En contrepartie, pour le dépaysement, on repassera. C’est d’ailleurs la première chose que l’on pourra reprocher à ce Band Bros. DX, à savoir sa trop grande ressemblance avec son aîné, au point d’avoir cette fois encore droit à des samples au format MIDI. Il faut croire que c'est le prix à payer pour bénéficier de ce découpage tellement intéressant et pertinent qui assigne à un bouton de la console une note de la gamme, permettant d’expérimenter un paquet de belles choses pour peu que 1) l'on possède quelques bases en solfège et que 2) l'on se décide à creuser une interface pas toujours évidente à appréhender, mais qui cache une puissance tristement sous-estimée par la majorité des gens qui s'y essaie.
Le deuxième souci, c’est que la trentaine de musiques disponible n’est pas franchement tip-top. Ni franchement hip-hop d'ailleurs, avec des diamants énormes sur les lobes ou des tassepés qu'auraient oublié leur robe. Non, là, c'est plutôt un ensemble de classiques J-Pop sympas mais que l’on a déjà entendu mille fois depuis les tout premiers Bemani, et une absence de winky-thèmes japanim'/videogames qui rend le tout un peu tristounet pour le fidèle habitué à être davantage caressé dans le sens du poil.
Finalement, le sauveur de ce Band Bros. s’appellera Tarik Ouifi, l’homme que l’on n’attendait pas et qui pourtant change totalement l’appréciation que l'on peut avoir de cette suite jusque-là un peu paresseuse.
Soyons donc clair et pragmatique : si votre DS n’est pas connecté à la matrice, ce deuxième volet ne se justifie pas, en tout cas guère plus que la discutable Request Selection de 2005. Et ce ne sont pas l'anecdotique mode Karaoke ou le sympatoche Band Bros Wii Channel permettant d'utiliser les enceintes de la télé qui rentabiliseront les 4800¥.
Si par contre vous êtes wired, alors là, c’est le panard le plus complet : possibilité de partager ses créations avec les joueurs du monde entier, de télécharger jusqu’à 100 titres parmi les plusieurs centaines mis à disposition (dont les fameux génériques de DA), et mode multijoueurs -celui-là même qui a fait la gloire du premier Band Brothers- jouable en ligne avec les copains d’Acapulco. Aussi suprême que NTM.
Aucun doute, la Sound Communication, concept que l’on aurait pu voir accolé sur le dernier Guetta ou Sinclar, prend enfin son sens avec cette fonctionnalité WiFi et signe enfin le début du communautaire sur DS. Si j'étais marketeux, j'en aurai presque osé le "DS 2.0" tiens.
Antithèse totale du très hype mais malheureusement moyen Rythm Tengoku Gold, Daigassô Dilax est un must social d'une richesse insoupçonnée, mais encore faut-il saisir la philosophie avec laquelle il a été conçu.
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