
Soixante cinq mille cinq cent trente-cinq. Si l’on ne devait retenir qu’une seule chose à propos d’Ikusagami c’est ce chiffre, qui fait accessoirement le bonheur de tout pigiste qui se respecte, regardez : soixante cinq mille cinq cent trente-cinq, hop, une demi-ligne offerte, que demande le peuple. En l’occurrence, il s’agit du nombre maximum d’ennemis que le moteur du jeu peut afficher simultanément à l’écran ; autant dire un vrai capharnaüm organisé. Pour la science, précisons que cette valeur n’a vraisemblablement pas été choisie au pif puisque, les techos l’auront remarqué, on ne peut pas monter plus haut en codant sur 16 bits...
Dans ce Musô-like, on charcle donc dans le vif, sur des terrains malheureusement légèrement vide mais il faut croire que l’on ne pouvait pas tout avoir : c’était soit une tonne de streums soit de belles architectures, et le choix a été vite fait.
Évidemment la performance technique se pose là, mais elle n’impressionnera finalement plus grand monde en 2008. Surtout que le tout baigne dans une sorte de filtre brillant assez bizarre, qui ne manque pas de charme et qui rappelle Otogi sur la console d’en face, mais qui rappelle aussi surtout que la PS2 était il n’y a pas si longtemps encore la championne de l’aliasing.
Là où Koei nous emmenait sur des territoires historiques qui donnait un peu de cachet aux pugilats, Ikusagami opte lui plutôt pour une orientation fantastique, avec des monstres envoyés sur terre par des généraux pourris (parmi lesquels quelques VIP déjà croisés ailleurs, comme Nobunaga – comme quoi ils ne perdent pas le nord chez Genki). De son côté, le joueur dirigera un gardien mystique désigné par le dieu de la guerre pour mener l’armée chargée de protéger les rizières de l’invasion alien.
Ce scénario en bois est évidemment prétexte à déballer des affrontements King Size, dans lesquels plusieurs milliers de soldats et de monstres se foutent sur la gueule dans la joie et la bonne humeur.
Forcément rigolo et jouissif au démarrage, le jeu s’épuise malheureusement aussi rapidement que le compteur de kills s’incrémente, les possibilités stratégiques et de combos étant vraiment trop réduites pour proposer autre chose que du button-mashing. A noter quand même qu’il est possible de récupérer jusqu’à 99 armes sur le champs de bataille, mais dans la pratique ça ne change pas grand-chose au problème.
Dommage car en dépit de cette répétitivité certaine (inhérente au genre mais nettement mieux négociée dans -au hasard- Musô ; faut croire que l’expérience ça paie), Ikusagami est un titre qui mérite toute notre sympathie. Son intro en dessin-animé PSOne/Saturn, son héros à tête de lion Yanomanesque et plus généralement son design assez typique en font un titre attachant ; un choix alternatif correct si vous avez déjà écumé les trois royaumes plus de fois que de raison.
Précisons pour finir que le jeu est sorti dans l’anonymat le plus absolu sur notre territoire, sous le nom de Demon Chaos. Avec une telle com’, gageons qu’ils ne comptaient pas en vendre des palettes.
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