10 juillet 2007

Zeitgeist (PSOne)

Vous allez me dire, quitte à sortir du formol un shoot 3D has-been, j'aurai pu choisir Total Eclipse. Mais 1) je n'avais pas de 3DO sous la main, et 2) Zeitgeist est davantage dans l'air du temps.

Sorti mi-1995, soit pendant la première année de vie de la première PlayStation, Zeitgeist n'est pas franchement un titre qui a fait parler de lui. Moins en tout cas que Philosoma qui a débarqué grosso-modo à la même période. Et quand on voit Philosoma, bon, ça permet de situer un peu la qualité du biniou.

Douze ans après, les bons gros polygones cosmiques de la PSOne sont donc de retour sur nos écrans 36cm, sans Haute-Définition, ni anti-aliasing ou 60fps : juste des textures pâteuses et une pelleté de cinématiques en images de synthèse 3DS4, bref, les préoccupations de 1995. Et ça, c'est cool.

Concrètement, il s'agit d'un shoot 3D rappelant Galaxy Force II, mais le remplacement des sprites zoomés par des polygones cracras rend l'ensemble nettement moins sexy. En fait, que ce soit la vitesse de défilement, celle du vaisseau principal, ou encore la musique complètement hypnotique (pas réussi à la ripper, dommage, ça vaut le coup d'oreille), tout est même plutôt du genre poussif. Surtout que l'écran est parfois surchargé de tirs qui viennent de partout, donnant un peu de mal à voir ce qui nous arrive dans la tronche. Dans ce cas, le mieux reste encore de reprendre les bonnes vieilles habitudes d'After Burner, à savoir tourner bêtement dans le sens des aiguilles d'une montre en priant pour ne pas se faire shooter.

Au niveau du trip spatial, on n'est par contre pas trop mal servis, avec des astéroïdes, des boss qui viennent nous narguer à mi-niveau, des gros croiseurs et des passages étroits dans les couloirs de bases jupitériennes. Ah, et aussi les explosions et tirs en arrière-plan pour bien montrer que l'on n'est pas tout seul à en baver dans ce conflit intergalactique ! Toutes les check-boxes sont donc cochées, même si cela oblige à chourer les idées ici ou là, comme ces mouvements de caméras durant la cinématique d'intro qui semblent avoir été pompés discretos de chez Game Arts...

Un peu faiblard mais pas dénué de charme, Zeitgeist est un cas d'école assez représentatif de ce qu'étaient les jeux 3D de l'époque, et de l'état d'esprit qu'il y avait derrière. Après avoir essuyé les plâtres à leur sortie, lui et les Kileak méritent bien un petit coup d'oeil neuf aujourd'hui, ne serait-ce que pour le devoir de mémoire.