Lorsque l'on sait que les Kururin sont grosso-modo des simulateurs de kermesse de village, on pourrait être légitimement tenté de se demander s'il est pertinent d'en sortir un épisode sur une console bardée de processeurs 3D.C'était évidemment sans compter sur la puissance de feu visuelle de notre petite GameCube, qui nous déballe là ce qu'elle sait faire de mieux, un véritable cocktail de couleurs Super Famicomesques qui pète comme un feu d'artifices du 14 juillet ; ce genre de graphismes typiques "videogames", économes en polygones mais empreints de teintes et de volumes bien étudiés, à la manière de Smash Bros DX ou Jungle Beat.
L'autre confort apporté par cette version de salon, en plus du canapé, c'est bien sûr le passage à l'analogique, offrant une souplesse batonnesque de tous les instants.
A côté de ça, le principe reste inchangé, mais quelques nouveautés plutôt bien senties font leur apparition ; en particulier de nouveaux types de Helirins armés jusqu'aux dents (gants de boxe, lance-flammes, ...), et permettant du coup de justifier l'apparition de boss de fin de niveaux qui essayeront tant bien que mal de vous enfoncer leur coton-tige dans le derrière. Chic.
Avec seulement cinq mondes (pour un total de 40 stages, dont seul le dernier est vraiment coriace), Kururin Squash est certes un peu chiche au niveau de son mode solo, mais limite la casse grâce à ses variantes multiplayers tout ce qu'il y a de plus sympas, ainsi qu'à l'utilisation optionnelle de la connectivité GC-GBA. Et puis il est toujours possible de passer du temps en quête du "no miss" perpétuel, à faire exploser les chronos, ou encore à débloquer l'intégralité des accessoires pour customiser son hélicosmique.
Dans la mesure où tout ce joyeux package était directement vendu à petit prix (3800¥), il serait un peu malvenu de cracher dans la soupe ; en l'occurrence plutôt de la soupe miso que de la Liebig aux potirons, puisque le jeu fait partie des fameux "oubliés de Nintendo France" starring Corinne Touzet. Sachant que Kururin Paradise n'avait avant lui pas non plus eu droits aux honneurs d'une sortie occidentale, ce n'est pas comme si ce choix injuste avait surpris grand monde.
Pour savourer Kururin Squash, il faudra donc obligatoirement passer par l'achat d'une GC import ou d'un Freeloader. Hé ouais, comme dirait Bruno Lopes : c'est dingue, mais c'est comme ça.
Mignon, rigolo et fondamentalement bon esprit, il n'y a aucune faute de goût chez ce troisième volet de Kururin. Son seul défaut est de ne pas être en phase avec son époque, ce qui le rend au final d'autant plus attachant.