26 janvier 2008

Soundvoyager (GBA)

On a (trop) souvent tendance à dire, dans les milieux autorisés, que tel ou tel jeu est un "trip", pour ne pas dire carrément une "expérience". L'exemple le plus évident est bien sûr Rez, dont on ne compte plus les états de supposée-trance qu'il a provoqués chez le joueur tecktonik. Bon. Perso j'aime beaucoup Rez mais je n'ai jamais ressenti rien de similaire, même en y donnant du mien, à savoir avec un casque sur les oreilles et un Trance-Vibrator dans le slip.
Heureusement pour moi, il faut croire que je n'en suis pas encore au stade du chacal totalement insensible et de mauvaise foi puisque j’avoue avoir complètement trippé (yo) sur ma Game Boy Micro. Assis. En tailleur. Dans l'herbe. Au soleil. Les yeux fermés. Avec Soundvoyager.

Pas la peine de vérifier l'état de la batterie si vous trouvez que l'écran est trop sombre pour ne pas dire carrément noir : il n'y a rien à voir. Tout passe par les oreilles (= casque indispensable), comme dans le Real Sound de tonton Kenji pour ne citer que le plus populaire.
Histoire de matérialiser un peu la chose : via les boutons L et R, le joueur dirige un point dans l'espace avec pour objectif d’attraper les bonus qui gravitent dans les environs. Sauf que, sans les voir, pas évident de les chopper : heureusement, chaque bonus émet un son et plus l’on s’en rapproche, plus le volume dans l'écouteur correspondant s'intensifie. L'objectif est ainsi de se positionner de manière à ce que le son soit "centré", c'est à dire bien balancé entre les deux oreilles, confirmant que l'on file dans la bonne direction.
A chaque bonus récupéré, un nouveau sample se rajoute au fond sonore, transformant au fil des minutes le silence ambiant en mix ambient. Au final, le sentiment est un peu le même que lorsque l’on sort des chiottes d’une boîte de nuit pour retourner sur le dancefloor : un son étouffé près des pissotières, qui monte crescendo au fur et à mesure que l’on trace son chemin pour remonter sur la piste, chaque note reprenant peu à peu sa place sur les patterns.

Avec sa trentaine de stages organisés en arborescence (cf. Darius) et pas mal de variantes bien senties (comme ce stage Balboesque où il faut attraper des poules, ou une esquive de bagnoles sur l’autoroute), Soundvoyager est effectivement un concept dans la forme mais bien un vrai jeu dans le fond. Et qu’importe qu’il ne soit pas "vidéo".

Un véritable plaisir des sens et pas seulement de l’ouïe, couplé à un sentiment de sérénité extrême.

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