01 avril 2007

Monster World Complete Collection (PS2)

Monster World Complete Collection, c’est comme un déclic qui vous fait comprendre que vous êtes vieux, mais que c’est la condition sine qua none pour avoir eu la chance de connaître l’époque sacrée du jeu vidéo. C’est aussi celui qui vous fait réaliser que toutes les googleries, pillages YahooAuctionesques et autres wanabeesmes interforums du monde ne pèseront jamais rien comparés aux souvenirs authentiques de ces instants précieux.

Pour moi, le premier Wonder Boy c’est une après-midi passée sur l’Amstrad CPC d’un ami en espérant le finir et, à chaque fois que l’on pensait enfin être en face du dernier boss, rebelote, il y en avait encore derrière.
Monster Land, c’est son achat SMS dans le BHV du coin, et mon interpellation quand peu après j’avais découvert le coin-op sur borne Cocktail dans une salle d’arcade de Normandie grande comme un entrepôt (message perso : si vous vous souvenez du nom de cette salle, contactez-moi ! Signe distinctif : il y avait un cabinet assis ThunderBlade à l’entrée, à l’écart des autres bornes).
Et je vous fait grâce du reste : ma crainte de découvrir dès l’introduction de Dragon’s Trap le donjon final qui m’avait tant traumatisé dans l’épisode précédent, l’adaptation Mega Drive complètement funky-chelou de Monster Lair, la protection de la cartouche de Wonder Boy V et ce fameux Consoles+ d’été qui dévoilait la porte cachée sous les sunlights des tropiques, le je-men-foutisme général devant MWIV à une époque où Virtua Racing et la 3D étaient déjà dans tous les esprits, etc etc…

Bref, retrouver en 2007 tout ce concentré de souvenirs dans cette compilation Sega Ages, voilà quelque chose qui me parle et me touche beaucoup. J’en pleurerais presque et, si vous êtes vieux vous aussi, je ne doute pas que vous serez dans le même cas.
Surtout que contrairement à ce que le titre « Monster World Collection » laissait initialement supposer, il y a bien le Wonder Boy original et Monster Lair dans cette compilation. Il s’agit donc de la totale, chaque épisode étant de plus présent dans toutes ses versions sur machines Arcade et Sega, avec les versions traduites en anglais lorsqu’elles existent. Ne manquent que les Bikkuriman et autres Dynastic Hero vus sur la console d’en face.

Le bonheur, c’est que pour chacun des 16 titres, on trouve un panier de petites options aussi juteuses qu’un bon fruit. Evidemment, la plus frappante reste le mode « Gallery », littéralement gargantuesque, avec scans haute résolution des flyers, boîtes et notices complètes (!), y compris celles des versions Master System blanches à carreaux que l'on aime tous.
Certains titres bénéficient également d'images du cahier de partitions et, pour Monster Lair, on trouve même le cahier de développement ayant servi à définir les patterns ennemis… A côté de ça, il y a du sound-test à la pelle, quelques superplays (pour Wonder Boy premier du nom et Monster Land uniquement), ainsi qu'un bon milliard de switchs pour rajouter/supprimer des filtres graphiques, enregistrer son propre superplay, se rajouter des crédits en cas de coup dur, …
Bref, on se retrouve en face de tout ce que l’on attend d’une compilation mais que l’on n’a pas dans 99% des cas, faisant de ce Monster World Collection la plus belle réussite du genre depuis Phantasy Star Collection sur Saturn il y a bientôt dix ans.

Évidemment, si je ne me suis pas intéressé aux jeux proprement dit, c’est parce que vous les connaissez sans doute déjà, et qu’il n’est pas la peine d’en remettre une couche. Rappelons juste pour les distraits que Monster World I, II et III sont trois titres réglés comme des horloges et offrant un équilibre parfait, ce qui peut paraître paradoxal lorsque l’on sait qu’ils affichent justement trois propositions de balance différentes (action linéaire avec villages au sein des niveaux / action libre avec un unique village en guise de hub / action libre avec villages disséminés un peu partout).
Bref, trois des plus grands jeux jamais créés, ici convertis avec le plus grand des soins sur un unique CD-ROM.

Des jeux aussi bien conçus, ça ne court pas les rues, et encore moins ces derniers temps : tout simplement incontournable, et prétendant sérieux au titre de « kabe of the year 2007 », même si une compil’ de six légendes des 90's, forcément, c'est un peu de la triche.